El Caribe

l'information au quotidien, dans la Caraïbe du XVIIème siècle !

01 décembre 2008

Les fêtes de fin d'année approchent !

Capitaines, Capitainelles, Capitaines,


Comme vous le savez, les fêtes de fin d'année, et leur flot de cadeaux, approchent à grands pas. Aussi, nous vous proposons une enquête afin de vous aider à choisir le meilleur cadeau pour vos amis, amours, ou simplement votre famille ou vos confrères, sans vous faire plumer tel un pigeon de passage sur le pont d'un navire Franc Marin - paraît qu'ils les mangent, d'après John Hornblower.

Certes, la fête la plus proche n'est que la Saint Nicolas, principalement réservée à nos petits Capitaineaux blondinets - comprenez les Corsaires en culotte courte - mais vous pouvez toujours festoyer à cette date, vous offrant quelques victuailles ou gourmandises chocolatées. A la mode cette année, la truffe chocolatée, mets principalement apprécié de Dragan, paraît-il - il en aurait même commandé à son effigie, mais partagera-t-il ? Cependant, si vous n'êtes pas mercenaire de mercenaires, et que vous ne naviguez pas sur l'or, vous pouvez également prendre des mets moins raffinés. La banane, par exemple, revient au goût du jour, depuis le retour triomphal de Guybrush dans l'actualité. Et si vous refusez de soutenir une quelconque "république monarchique bananière", passez donc au rhum, de Cuba, Martinique ou Guadeloupe !


L'évènement de mois prochain reste, naturellement, la fête de Noël. A l'occasion de l'anniversaire de la naissance du Christ - qui, par ailleurs, serait né quatre ans avant sa naissance - nombre de Capitaines s'en mettent plein la panse à coup de dindes, bûches, crevettes, ou autres repas terriblement copieux. Mais sans doute savez-vous que le prix de ces repas est tout aussi démesuré que les tables où de tels banquets se produisent ? Aussi, si vous ne souhaitez pas payer de sommes considèrables en orgies inutiles, ou si simplement vous souhaitez garder la ligne et barrer le T à l'ennemi, écoutez donc ces quelques conseils.

Pour commencer, il vous faut une dinde. Pour ce faire, il suffit de vous rendre dans le "Jungle Store" le plus proche, de sortir votre mousquet, et d'effectuer un tir au pigeon - sauf que vous devrez viser les dindes, à moins que vous ne préfériez la viande d'un maigre pigeon-postal. Si vous n'avez pas de mousquet, un sabre suffira - assurez-vous cependant de courir assez vite, et de ne pas trop vous salir lors de l'abattage du volatile.

Une fois la dinde tuée, plumez-la, et retirez ses os et sa peau. Si vous désirez la farcir, essayez d'utiliser des produits du terroir, faciles à trouver ou pas chers. Vous pouvez y ajouter quelques épices, si toutefois vous avez eu l'occasion d'en ramener d'un pillage fructueux de marchands. Sinon, le rhum fera l'affaire - nombreux sont les alcooliques parmi les vaillant(e)s Capitaines de ces mers.

Après, vient la cuisson. Là, à vous de voir si vous préférez cuire à la broche, à la vapeur, ou même frire. Le tout est de trouver du bois assez facilement - pour cela, passez donc à Campêche, dont le bois est réputé dans l'ensemble des Caraïbes. Les stocks débordent, et vous pouvez facilement en ramener des tonnes pour un prix dérisoire.

Une fois votre dinde prête, dégustez-la avec vos amis, confrères ou votre famille, abusez de rhum, et échangez-vous les cadeaux préalablement achetés.

Au sujet des cadeaux, d'ailleurs, le canon n'est plus en vogue, cette année. Préférez-lui le boulet (de bronze, d'argent, d'or ou de platine), en précisant bien qu'il ne faudra pas l'envoyer dans la coque du premier navire ennemi venu - le coût du combat reviendrait trop cher. Cependant, si vous manquez de moyens, vous pouvez toujours en sculpter un en bois de Campêche - précisez cette fois qu'en cas de tir, l'efficacité serait nulle. Cependant, toute marchandise pillée peut être bonne à offrir. Et si vous n'avez pas encore eu l'occasion de piller vos cadeaux de Noël, ne vous en faites pas, il y a toujours un marchand attentionné qui se promènera sur votre route, et se laissera piller sans rechigner.


Nous vous souhaitons une bonne préparation des fêtes de fin d'année ! Si vous avez des suggestions, des idées, des remarques, n'hésitez pas à nous en faire part, nous sommes ouverts à toute discussion ... ou pas.

Posté par Thornade à 00:12 - Commerce et contrebande - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


22 juin 2008

Trafic à Campêche

Récemment, plusieurs missives sont parvenues à la rédaction d'El Caribe, provenant de diverses guildes marchandes des Caraïbes, et dénonçant un odieux procédé visant à vider leurs coffres, du côté de Campêche. C'est donc tout naturellement que la rédaction a dépêché sur place l'un de ses enquêteurs, qui nous a récemment remis son rapport, que nous avons résumé ci-après.

Depuis plusieurs mois, nombre de marchands se plaignent d'une arnaque au bois de Campêche. La rédaction m'a chargé de me rendre dans la colonie espagnole pour en apprendre plus. Le trajet, bien qu'assez long, se fît sans encombre - grâce à mes réseaux d'amis, j'ai pu embarquer à bord d'un navire corsaire qui se rendait justement à ma destination.

Rapidement, je me mis en relation avec les contacts de la rédaction à Campêche, et l'on me conseilla d'enquêter auprès de certains marchands de la ville, spécialisés dans le bois de Campêche - le bois de la région est en effet très célèbre, et assez précieux. Aussi me rendis-je auprès du plus important marchands de la bourgade, me présentant comme aventurier cherchant un emploi bien rémunéré dans ce bout du monde.

Par chance, le marchand en question recherchait justement un employé chargé de superviser la coupe du bois, et son transport jusqu'à ses docks. Aussi fus-je accepté directement, et me retrouvai-je dans les forêts environnantes, parmi les bûcherons. Chose étonnante, le nombre de bûcherons était particulièrement faible, et au fil des apports de bois frais vers les docks, je me rendis compte que la production était nettement insuffisante que pour pourvoir aux commandes très importantes faites au marchand - lors de mes jours de repos, je surveillais les docks et les transports de bois vers les navires marchands.

Au bout de quelques semaines, le marchand me confia une nouvelle tâche. Puisque j'étais aventurier, je devais pouvoir aisément me procurer un navire et un équipage. Je n'eus aucun mal à trouver un corsaire qui accepterait de m'aider, car l'un des capitaines présents au port était justement un collaborateur de la rédaction. Il accepta donc de m'embarquer et de remplir la mission qui me serait confiée par le commerçant.

Cette mission consistait en la poursuite d'un célèbre pirate qui avait volé une grande quantité de bois, assez récemment. Nous mîmes donc cap à l'ouest, à la poursuite de ce pirate, quand enfin nous apperçûmes le navire du pirate - d'après la description qui m'avait été faite. Il s'agissait d'une flûte lourde, battant en fait pavillon français, avec le nom "Triton" gravé en lettres d'or sur la poupe du navire. Nous l'arraisonâmes sans difficulté, et récupérâmes une bonne partie de son chargement, après avoir capturé et fait prisonnier le capitaine du navire.

Mission accomplie, nous mîmes cap à l'est, vers Campêche. Cependant, je désirais interroger le prisonnier, qui m'apprit qu'il était un paisible marchand, qui avait payé à prix d'or sa cargaison de bois, qu'il comptait revendre ensuite dans les colonies françaises les plus proches. Il me remit également un document officiel, prouvant qu'il était bien un paisible marchand au service du Roi de France.

De retour à Campêche, mon employeur prit possession de la cargaison que nous avions ramenée, et me remit une récompense, de l'ordre de quelques centaines de piastres par tonne de bois ramenée - une somme largement inférieure au prix auquel le bois avait été vendu au marchand français.

Je pris rapidement contact avec les autorités locales, et une perquisition des bureaux de mon employeur fût ordonnée. De nombreux documents prouvèrent sa culpabilité, et un procès fût prévu pour la semaine suivante. Quant à moi, je devais retourner au bureau central d'El Caribe, pour une prochaine mission ...

Posté par Thornade à 12:26 - Commerce et contrebande - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 mai 2008

UN SEUL NOM A VOS PROBLEMES : EL SICARIO !

banniere_bkg

Tous les corsaires de la Caraïbe avaient poussé le cri du désespoir, et nulle entreprise ne fit écho à leur demande. il aura fallu qu'un seul homme se manifeste. Une seule voix. Un seul geste. Et le Gouverneur lui-même céda. Les jeux, tant voulus par le peuple, allaient de nouveau faire parler d'eux. Un monde de perdition, d'argent sale, de vérole et autre pustule piratesque renaissait de ses cendres.
Il avait réussi à l'imposer à la cité de Port Karhaix, mais nul ne savait d'où il venait. Son passé importait peu, et c'est dans les magouilles présentes qu'il animait le futur de ses clients. Ses services étaient d'une efficacité hors-pair, son professionnalisme était à la hauteur de celui d'un Roi. Il connaissait tout le monde, et savait tout sur tout. Tous les corsaires le craignaient - pensant toujours qu'un contrat était sur leur tête - mais le respectaient. Il connaissait mieux que personne le cours de l'argent et de l'or, savait exactement combien de tonnes de sel marin Panama avait besoin à chaque instant et si la femme du Gouverneur portait une culotte tous les jours. Cet homme ressemblait à un fauve chassant sa proie : il savait que l"objectif allait être atteint, son seul souci étant de déterminer le moment du contact...
Port Karhaix ne pourrait plus jamais se passer de lui. Ceux d'entre nous qui l'ignoreraient perdraient indubitablement l'avantage sur leurs ennemis. Il était tout et rien à la fois. Même les corsaires les plus expérimentés en avaient peur.
Il était l'ombre et la lumière.

On ne connaissait son véritable nom.
On le surnommait : El Sicario.

Posté par Sark Van Hummel à 18:33 - Commerce et contrebande - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2008

Petites annonces

- Perdu, anneau en or, forgé dans un cratère, et sur lequel apparaissent des inscriptions que seul le feu peut révéler. Attention, ce bijou cause une forte dépendance à tous ses porteurs. Prière de le rapporter au plus vite pour le détruire.

S.

- Recherche canon "Sudden Death", pièce unique ayant servi à bord de la frégate "HMS Zurprize". Forte récompense.

Capt. J.-R.  A.

- Recherche pierre noire, provenant tout droit de la face cachée de la lune, et qui donne le don de "claire voix". Très forte récompense chantée si vous me rapportez ce fragment de "Dark Side of the Moon", comme on le nomme.

P. F.

- Recherche, flotte de frégates, galions et tartane, perdue de vue au large de Panama, retrouvée au large des Bermudes. 

Capt. H.

Posté par Thornade à 21:33 - Commerce et contrebande - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2007

Alerte à la contrefaçon de Grappa !!!

Le président des coopératives viticoles de Maracaïbo s’élève contre ce qu’il qualifie de monstrueuse escroquerie.

Marco Grappo a un nom prédestiné. Viticulteur à Maracaïbo, il contribue à la production de cet alcool controversé qui fait fureur, dans les Caraïbes, depuis quelques années : la grappa. Notre envoyé spécial est allé l’interroger…

E-C : Marco Grappo, que sont les Coopératives Viticoles de Maracaïbo ?

M-G : Comme son nom l’indique, il s’agit d’une union de viticulteurs produisant ce savoureux et incomparable nectar que les Vénitiens appellent Grappa…

E-C : Quelle est la particularité de cet alcool ?

M-G : Il en possèdent plusieurs… Son goût tout d’abord… Les terres de Maracaïbo y participent… Sa couleur, ensuite. Il n’a pas de couleur, à vrai dire… On croirait de l’eau… C’est toute la magie de ce produit. Certains estiment que le Christ utilisa la Grappa pour le miracle qui lui fit changer l’eau en vin… Cela dit, nous nous refusons catégoriquement à commenter ces dires qui, vous le comprendrez, nous rendraient passibles du bûcher… La dernière caractéristique, et non des moindres, tient dans la réaction qu’elle suscite chez celui ou celle qui l’ingurgite. En règle générale, cela commence par un juron que la bienséance m’empêche de reproduire ici… et cela se termine par un étrange slogan : « Que Dionysos bénisse vos os » !

E-C : Mais ne doit-on pas voir derrière cette promotion acharnée de votre produit la propagande masquée de celui qui l’importa en ces mers : j’ai nommé Pietro-Luigi de Treviso ?

M-G : Absolument pas.

E-C : Mais on dit que Treviso serait justement le propriétaire de ce domaine de Maracaïbo… On prétend également que la coopérative ne serait qu’une couverture servant à financer ses campagnes autopromotionnelles…

M-G : On dit ça ? On dit bien n’importe quoi... Treviso n’est pas le propriétaire du domaine. Certes, il y est associé…

E-C : Avec 90% des parts de la coopérative, quand même…

M-G : Oui effectivement, mais les 10% restant appartiennent à d’autres associés... Par conséquent, il n’en est pas le seul propriétaire, vous en conviendrez. D’ailleurs cessons de focaliser là-dessus et parlons plutôt du scandale incommensurable qui plane en ce moment sur le monde de la Grappa !

E-C : Un scandale ?

M-G : Effectivement ! Et non des moindres ! Saviez-vous que la moitié de la Grappa vendue dans les Caraïbes proviendrait d’ateliers clandestins et ne serait en réalité qu’une immonde contrefaçon de l’admirable nectar du Vénitien ? Nous nous trouvons en réalité devant l’une des plus monstrueuses escroqueries que les Caraïbes aient connues ! Il faut le savoir… Alors après ça, les procès d’intention concernant les affaires, par ailleurs éminemment légales, du Vénitien ne sont que des ragots sensés faire oublier les véritables problèmes. Une ignoble machination.

E-C : Ou l’inverse...

M-G : Je reconnais bien là l’humour d’El Caribe… Mais redevenons sérieux 5 minutes… Nous en appelons à la vigilance des Caraïbes ! Nous en appelons également aux autorités compétentes afin qu’elles prennent des mesures appropriées et afin que les contrevenants soient punis sévèrement ! Savez-vous que cette Grappa frauduleuse est généralement coupée avec des plantes douteuses qui auraient la fâcheuse tendance de générer chez le buveur une certaine accoutumance ? Savez-vous combien de petits associés de la Coopérative, du fait de cette concurence déloyale et frauduleuses, sont obligés, chaque année, de céder leurs part dans la société ? Heureusement que le Vénitien est là pour les leur racheter ! Oui, je vous le dis ! Nous sommes là non seulement face à un désastre économique sans précédent mais également face à un grand scandale de santé publique. Il est du devoir d’un journal comme El Caribe, indépendant, pertinent, d’alerter les Caraïbes !

E-C : Nous ne manquerons pas de le faire, soyez-en sûr… Pour conclure Monsieur Grappo, et puisque les fêtes approchent, pouvez-vous conseiller un menu qui pourrait être arrosé de Grappa ?

M-G : La Grappa s’acoquine avec tous les plats ! Tous ! Absolument tous ! Alors la meilleure solution est encore d’acheter de la bonne Grappa des Coopératives Viticoles de Maracaïbo et d’en arroser abondamment tous vos plats. N’hésitez pas à commander vos barriques dès maintenant pour ne pas être pris de cours lors des fêtes…

E-C : Merci Marco Grappo de vos éclairages et de vos conseils. Nos lecteurs seront juges.

Posté par Treviso à 23:21 - Commerce et contrebande - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2007

Au siège de la Compagnie Noire des Caraïbes

Posté par Sark Van Hummel à 10:29 - Commerce et contrebande - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 novembre 2007

L'abordage, un besoin vital

Partout dans les Caraïbes, l'on entend des histoires d'abordages de navires marchands, pirates, militaires ou corsaires, par des navires pirates, militaires ou corsaires (les marchands, et c'est bien connu, ne mangeant pas de ce pain-là). Ainsi, l'abordage est une véritable religion, dont personne ne peut plus se passer. Pour certains, c'est du pain béni, un véritable El Dorado, une mine d'or inépuisable. Pour d'autres, c'est un sport régional, à pratiquer seul ou en équipe. Pour d'autres encore, l'abordage est vital : certains corsaires ne peuvent pas survivre sans leur dose quotidienne d'abordage, qui leur fait monter l'adrénaline et leur procure des sensations particulières, pour lesquelles ils sont prêts à tuer - et c'est le cas de le dire !

Mais revenons au commencement, à l'origine. Que signifie ce terme d'abordage ? Et comment se déroule-t-il ? Pour cette seconde question, nous pourrions écrire un roman, ou un article dans le journal, aussi, nous n'allons pas vous dévoiler les détails de cette pratique, qui vous seront bientôt révélés.

Si l'on en croit la définition générale de l'abordage, c'est le fait de prendre d'assaut, dans le but de le capturer, un navire adverse (à moins d'être un vil traître fourbe et lâche, ou un idiot fini, incapable de distinguer un pavillon ami d'un pavillon adverse). C'est tout ? Pas vraiment, car le but de la capture du navire, c'est tout de même de pouvoir piller les caisses du navire, et vider ses cales des richesses qu'elles contiennent (enfin, là, j'embellis, car quand on voit la pauvreté des marchands, assaillis par les pirates et les corsaires à chacune de leurs sorties, on comprend qu'ils soient fauchés comme les blés). La capture du navire devrait également mener à sa prise, et à sa revente dans un port proche, cependant, cette technique a été rapidement bannie des règles de vie du Corsaire des Caraïbes au XVIIème siècle (un manuel de vie du Corsaire a d'ailleurs été édité en quatre langues, pour information).

Du coup, sachant que les marchands sont souvent pauvres, il faut en aborder beaucoup pour s'enrichir. Le corsaire ne vise pas la qualité, pratiquement introuvable, mais la quantité. C'est le début de sa descente aux enfers, vers la dépendance totale. Il commence par un marchand par semaine, puis, comme ça ne lui suffit pas, il en veut plus. Au bout de quelques temps, il aborde un marchand par jour, et finit par se retrouver riche comme Crésus (si tout va bien pour lui, et sachant que les navires transportent tous quelques centaines ou milliers de piastres dans leurs coffres, et presque tous des marchandises).

Mais va-t-il s'arrêter là, maintenant que la richesse lui sourit ? Bien sûr que non ! Il va vouloir se mettre à la pèche au gros poisson ! L'abordage sportif se profile donc devant notre brave petit corsaire, qui va traquer des navires plus gros et plus lourds que le sien, et ne se contentera plus d'un marchand inoffensif. Le marchand, c'est bien un temps, mais comme c'est sans danger, le corsaire va rechercher l'adrénaline, et s'en prendre aux pirates et aux militaires, puis aux autres corsaires. Oh, bien sûr, pour commencer, il n'en abordera pas énormément, à peine un ou deux par semaine. Mais à la longue, ce nombre augmentera, et il finira par en aborder un par jour. Et au final, il se retrouvera dans une mer vide de tout adversaire à combattre.

C'est ainsi que notre brave petit corsaire commencera à dépérir ; sans sa dose quotidienne d'abordage - et donc d'adrénaline, hormone sécrétée par les glandes surrénales, d'après le médecin Harrold Scalpel - le corsaire ne pourra plus vivre normalement. Son humeur deviendra massacrante, il commencera à devenir très colérique, violent, et aura des envies irrésistibles de meurtres. Il risque ainsi de devenir un danger pour son entourage, mais également rapidement pour lui-même, et manifestera des symptômes prononcés de manque, qui ne pourront être comblés que par l'apport de navires ennemis frais. Le corsaire en manque devra donc se déplacer, pour trouver la niche écologique d'un nouveau gibier à chasser. Et le temps de son déplacement, le corsaire devra être mis sous surveillance médicale étroite, pour éviter qu'il ne s'aborde lui-même son navire et ne massacre ses hommes et son capitaine - généralement lui-même - dans une tentative désespérée de retrouver les sensations tellement appréciés de l'abordage.

Malheureusement, ce genre d'individu, très souvent rencontré dans les Caraïbes, est une menace pour la faune marchande locale, qu'il chasse impitoyablement, la reléguant au statut d'espèce en voie de disparition. Aussi, les autorités des Caraïbes demandent à chacun de pratiquer régulièrement la chasse au corsaire, dans le but de l'empêcher de nuire.

Ainsi, El Caribe vous recommande vivement de chasser les corsaires des Caraïbes, pour préserver l'environnement fragile qui s'y était établi avant l'arrivée de ces fous sanguinaires. La chasse au nuisible est ouverte !

Posté par Thornade à 14:40 - Commerce et contrebande - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 novembre 2007

Marchands & Gentlemen !

Posté par Sark Van Hummel à 08:01 - Commerce et contrebande - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2007

Quel navire dois-je prendre ?

En voilà une question qui revient souvent : quel navire choisir, sachant que je dispose de xxxxxx piastres (de préférence un nombre à 6 chiffres) ? Mais enfin, vous êtes idiots ou quoi ? Ce n'est pas l'argent qui compte, mais le caractère ! Ressaisissez-vous, que diable ! Et si vous n'avez pas l'argent pour acheter le navire de vos rêves, peu importe ! Allez le prendre là où il se trouve : dans le coffre-fort d'un navire marchand de passage ! Ou bien, si vous êtes en bande, dans la caisse de la bourgade locale ! Ou même dans la cabine d'un corsaire ennemi, tant qu'à faire, ces bougres-là sont toujours pétés de tune ... (bien sûr, je ne vous incite pas à vérifier cette affirmation par vous-même, ça me laissera plus de cibles pour mes pillages mouahahahahahahahaha)

Mais passons, voulez-vous, au vif du sujet : comment choisir son navire ? C'est très simple, savez-vous ?

Commençons par des mises en situation :

  Vous voyez un navire marchand (on va dire une caraque) rempli à raz-bord, que faites-vous ?

a) Vous vous lancez à l'attaque, seul, en tartane, contre la caraque pleine à raz-bord, peu importent les conséquences et le gaspillage. Vous êtes bourrin, et c'est votre nature profonde de sauter sur tout ce qui bouge.

b) Vous faites appel à vos amis, pour essayer de piller plus, mais vous voulez absolument lancer vos hommes à l'assaut du navire. Vous aimez bien partager, mais dans les limites du raisonnable. Vous êtes aussi calculateur et prévoyant.

c) Vous arrivez sur place pile pour le partage. Le combat, décidément, ce n'est pas pour vous. Vous êtes juste là pour profiter des prises des autres, en essayant de vous en mettre plein les fontes, mais participer au combat ne vous intéresse pas du tout.

Comme vous pouvez le constater, cette première question permet déjà d'effectuer un premier tri. Voici les types de navires conseillés : pour un bourrin, un navire de guerre ; pour le calculateur prévoyant, un prochain tri devrait départager les navires rapides et les navires de guerre moyens ; dans le cas c), vous êtes fait pour le marchandage : à vous les navires de transport !

Concentrons-nous maintenant sur chacune des trois catégories définies ci-dessus.

Commençons par le bourrin :

  Pour vous, un navire :

a) doit être rempli d'hommes, et chargé de canons. Chaque centimètre carré de libre sera occupé par votre équipement de guerre (poudre, sabres, mousquets, canons, boulets de tous types, mitraille, ...). Vous aimez avoir le plus gros et le plus lourd possible, vous êtes faits pour la guerre. Pour vous, à défaut d'un vaisseau à 4 ponts, un vaisseau à 2 ou 3 ponts ou un galion de guerre devraient vous convenir à merveille.

b) doit être solide, bien pourvu en hommes et canons, mais pas trop lourd ni trop lent. Vous êtes un bourrin guerrier, mais dans les limites du raisonnable. Vous aimez tapper fort, mais vous appréciez un minimum de vitesse. Pour vous, le vaisseau à deux ponts ou la frégate lourde devraient convenir à merveille.

c) à vrai dire, juste une planche et un mât, avec des ficelles et des feuilles de bananier. La planche doit tout de même être assez solide pour supporter des canons et des hommes, mais sans plus. Vous êtes un bourrin suicidaire, vous perdez à chaque fois votre coque de noix, mais vous vous en moquez. Les allèges et galiotes vous conviennent à merveille, pas besoin d'entretien et ça se remplace facilement.

Voilà, amis bourrins, ce qui vous convient !

Prenons maintenant le cas du calculateur prévoyant.

  Combien de temps doit durer le combat :

a) Le moins de temps possible : au mieux, il faut vaincre sa cible en une attaque, ne pas laisser durer le combat. Vous pensez que le stratège n'envoie toutes ses troupes qu'une fois qu'il a déjà gagné la bataille. Et c'est effectivement le cas quand vous arrivez à hauteur de votre cible : elle est vaincue dès les premiers coups. Vous êtes expéditifs, vifs, rapides et puissants. Pour vous, des navires comme les frégates, frégates rapides et de course, ainsi que les brigantins et brigantins rapides, sont parfaits ! Rapides, puissants, bien équipés, ils sont l'arme fatale qui vous permet de vaincre votre ennemi avec une rapidité foudroyante. Les lougres, tartanes, traversiers et barques longues pourraient aussi vous convenir.

b) Vous aimez jouer un peu avec la nourriture. Vous avez été mal éduqués, et ça se fait ressentir dans votre tenue à table. Vilains garnements, vous aimez les combats un peu plus longs, où de chaque côté tombent des hommes en nombre. Car, comme votre maman aurait dû vous l'apprendre, "on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs". Pour vous, les galions rapides, améliorés et modernes devraient convenir à merveille ! Avec eux, vous êtes sûrs de pouvoir vous amuser avec vos proies.

c) Vous aimez frapper un grand coup dans les rangs adverses, en limitant les risques et les coups que vous prendriez. Jouer avec la nourriture ne vous satisfait plus, il vous faut en plus l'humilier avant de n'en faire qu'une bouchée. Vous êtes à la limite du bourrinage, et vous aimez le faire savoir. Pour vous, un combat réussi est un combat qui dure longtemps, et voit le moral et l'équipage adverse tomber lentement, mais bien plus vite que de votre côté. Vous aimez en outre voir le navire adverse tomber en miètes, alors que le vôtre tient bon. Ca vous donne un sentiment de puissance, face à un adversaire voyant que ses coups ne servent à rien. Pour vous, le must du navire se trouve dans les brigantins d'escorte, de guerre, frégates d'avis, d'escorte ou lourde. La barque d'avis vous laisse de marbre.

Voici donc, amis stratèges, les navires qu'il vous faudra armer afin de briller sur les mers.

Enfin, regardons de plus près nos amis marchands. Quel navire peut-il bien leur convenir ?

  Vous aimez effectuer vos liaisons marchandes :

a) Le plus vite possible, et peu importe que le navire ne transporte pas de grandes quantités de marchandises. De toute façon, mieux vaut être prévoyant, et ne négocier que par petites quantités. De même, ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier est la meilleure méthode de ne pas tout perdre. Ainsi, vous enterrez ou investissez sous forme d'or, stocké en ville, vos surplus financiers, en cas de coup dur, et ne gardez que le strict minimum. Pour vous, les navires marchands les plus rapides, tels les bélandres, pinques, flibots, pinasses et pinasses légères, dans une moindre mesure les flûtes, sont pour vos déplacements les navires idéaux.

b) Pas trop vite, prenons le temps d'embarquer de grandes quantités de marchandises dans les cales, ça nous rapportera une fortune à l'arrivée ! Mais mieux vaut ne pas trop s'attarder en un même lieu, c'est plus prudent. Vous aimez donc pouvoir embarquer des quantités importantes de marchandises, et disposer d'assez de voilure pour filer en cas de souci majeur. Vous êtes un investisseur, vous aimez prendre quelques risques, et vous pensez que la fortune sourit aux audacieux. Pour vous, c'est certain : les flûtes lourdes, hourques légères et hourques vous conviendront à merveille ! Pas trop lent, assez spacieux, vous pourrez même y festoyer pendant vos escales !

c) Embarquons un maximum, pas grave si nous traînons, l'équipage relativement nombreux et la résistance du navire nous aideront en cas de problème. Vous êtes un de ces courageux aventuriers, prêts à mettre des fortunes pour gagner encore plus, dans des expéditions périlleuses à bord de lents veaux marins, surchargés de marchandises diverses et variées. Vous poussez le sadisme à choisir des navires aux cales démesurées, dans le but évident qu'en cas de prise du navire, l'attaquant se retrouve frustré de n'avoir pu tout embarquer. Et dans le fond, vous vous en fichez un peu de tout perdre votre navire et son contenu, au vu de votre fortune - car il faut être évidemment riche comme crésus, ou complètement inconscient, pour se lancer dans de telles expéditions, mais peut-être êtes-vous un peu des deux. Pour vous, il n'y a pas photo : si la caraque n'existait pas, il vous resterait toujours le galion ou la grande hourque.

Amis marchands, voici ainsi les navires qui devraient vous plaire.

C'est ainsi que je puis fermer cette page, répondant à une question largement reprise, aux quatre coins des Caraïbes.

Posté par Thornade à 17:49 - Commerce et contrebande - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2007

Statistiques navales

Selon une étude auprès de l'Association des Armateurs et Chantiers Navals des Caraïbes, il apparaît que les Corsaires apprécient particulièrement les navires rapides, taillés pour la course. Viennent ensuite les navires de guerre et les navires de transport. Ainsi, d'après les chiffres publiés par l'AACNC, la tartane vogue largement en tête, vendue à 106 exemplaires à travers les Caraïbes. Viennent ensuite le lougre (31 exemplaires), la frégate (25 exemplaires) la pinque et la frégate de course (18 exemplaires chacunes), la frégate d'escorte (15 exemplaires), le brigantin (13 exemplaires), le brigantin de guerre (12 exemplaires), et les autres navires, vendus à moins de 10 exemplaires.

Notons l'absence de navires de guerre plus lourds que la frégate lourde, et la présence d'un exemplaire de caraque. De même, les différents modèles de galions de type rapide s'écoulent aisément, 18 exemplaires des trois modèles de galions de course (galion rapide, amélioré et moderne) voguant actuellement. Notons également la présence de 53 embarcations de secours, communément nommées "chaloupes", et servant principalement à ramener à bon port les corsaires vaincus.

Pour le moment, aucune explication valable n'a pu être formulée quant aux choix des Corsaires en matière de navire. Cependant, la vitesse, la maniabilité et la puissance de feu honnorable des navires rapides expliquent probablement l'engouement des corsaires à leur égard, tandis que la lenteur relative, le manque de manoeuvrabilité et le prix peu attractif des navires de transport expliquent le manque d'intérêt flagrant des corsaires à leur encontre. Notons également qu'au niveau des navires de guerre, seuls les navires les plus rapides et les plus maniables attirent les corsaires. Les plus lourds, malgré leur robustesse et leur puissance inégalée, n'ont que peu de crédit, par leur lenteur et leur faible maniabilité, auprès de capitaines tournés vers la guerre de course.

Posté par Thornade à 23:54 - Commerce et contrebande - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1